Rain/Pluie

Even the tickling sound of drops is faintly different, for they hit another ground, other leaves, more concrete. Birds don’t chirp as I’m used to; something in their mass catches the gaze of the newcomer, something in their plumage. Walls too thin to retain truth or too cheap to even dare—it may be anger, but it’s more likely fatigue speaking for itself. Sometimes words form meanings of their own, ungraspable sonic sands. What we’re certain to hear then is the subway, that is, its bellicose rumbling. Where are the nests, I ask, though he won’t reply for a long time. “Bees, not wasps,” turning silence into a tight lapse of awkwardness; so thick with reproach that I look for an escape, which doesn’t exist. Flights of pedantry bring one to ponder over words, like “sweven,” or “scaramouch”—their uncommonness proves nothing else than itself. Being foreign also means clinging to futile qualities, mundane sparkles, and trivialities of all sorts. We amaze ourselves with food; a disappearing contemplation we try not to ingest too fast, and that muffled competition between us is another way to increase our pleasure. I enjoy tantric tactics on my tongue.

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Même le clapotis des gouttes est légèrement autre, parce qu’elles tombent sur un sol autre, d’autres feuilles, plus de béton. Les oiseaux ne gazouillent pas comme à l’accoutumée ; quelque chose de leur masse attire le regard du nouveau venu, quelque chose dans leur plumage. Des murs trop minces pour mentir ou trop piètres pour s’y même essayer — ce peut être de la colère, mais c’est plus certainement une fatigue qui s’exprime. Parfois les mots prennent des sens bien à eux, des sons comme insaisissables. Nous ne manquons pas d’entendre le métro, en revanche, c’est-à-dire son grondement belliqueux. Où sont les nids, je demande, bien qu’il ne réponde pas pendant très longtemps. « Des abeilles, pas des guêpes », transformant le silence en un moment de gêne ; tellement chargé de reproche que je cherche une issue, qui ne vient pas. Des envolées pédantes nous conduisent à réfléchir à des mots, comme « chimère » ou « faquin », dont la rareté ne fait que se confirmer elle-même. Être étranger conduit aussi à s’attacher à des qualités futiles, des étincelles de l’ordinaire et des trivialités de toutes sortes. Nous nous étonnons en mangeant : une contemplation vouée à disparaître que nous tentons de ne pas ingurgiter hâtivement, et cette concurrence feutrée entre nous vient accroître notre plaisir par d’autres moyens. J’apprécie les tactiques tantriques de ma langue.