Sub rosa

Le poème, problème épineux ; écharde au coeur du langage.
Non pas la rose, ni son nom.
Qui n’aime pas les ronces, renonce.

Orange

Orange épluchée
Quartiers immenses
Qu’elle avale à ma surprise vraiment
En la voyant
Avec ce sourire incomparé
Avec de la joie comme je n’en ai plus
Elle dévore et savoure
Je sais la paix de ce temps
Regarde ma fille qui mangemonde

Quand

Quand je meurs
sonnez nulle alarme
faites feu
et lumières
et murmures
pour venir nuit
au-delà de la ligne du lointain
comme un point :
qu’un soleil se couche.

Cuillères

La légion des poètes, des milliers, parfois je le sais je les sens qui me gâlent me grattent me guettent à l’appeau qui m’apaisent d’être et dans les nuits écarlates si nos sémaphores font panne si nos bras désespèrent on donnera assaut avec quelque cuillère dépolie nous ferons signe de l’un à l’autre à la lumière de la lune (toujours fait) ou de l’autoroute ou des flammes du bidonville.

Sinon toujours nos dents pour lancer des éclairs perce-ténèbres.