Entre mer amérine et fraîcheur puisée

Sable chaud et chemins poudreux
Je faisais selle commune
Avec Phébus le cocher bicycliste
Sur des allées terreuses d’ombre pinière sèche
Tressautant sur terre et pierre
Corps assoiffés
D’un petit mascaret
D’une victoire ailée
Jusqu’au lieu où l’horizon enserre
Le mirage d’un jour poignant à l’est

L’apogée consumée nous rebrousse-voyagions
Via l’immobile chaleur et myriade d’insectes bruissant
Vers le toucher membraneux
Sur la peau de la peau de concombre
Sur les lèvres des pastèques tranchées

Le toucher embu des souvenîles
S’étendant comme ombres surannées
Des déesses
Qui plongeaient profond leurs baquets
Dans l’eau fraîche du puits
Corps restant tempérés
Et mânes immaculés
Ou sur l’écume aller vers les lointains
S’emparer de rêves porcelaine bois de rose et teck
Boire l’Evian souvenance des sources insulaires

Des déesses figées comme stafluettes
Les Aphrodites du Trikomo au Louvre
Et les revenants diaphanes
Que je choéphore aujourd’hui
Avec des poignées de raisins amandes sésame
Et graines de grenade

(traduction de Stephanos Stephanides, Between Sweet Well Water and Salty Sea)